Bertrand dénonce un "cynisme d'Etat" dans les dossiers industriels

12/09/2018 18:39
Xavier Bertrand a dénoncé mercredi un "cynisme d'État" dans plusieurs dossiers industriels de la région Hauts-de-France qu'il préside, accusant le gouvernement de "laisser mourir" des entreprises en difficulté.
"Quand j'entends dire que je ne défends pas l'intérêt général, ils se foutent de qui ? Ce cynisme d'Etat, je le récuse. L'industrie a de l'avenir dans ce pays. Vous auriez les services financiers de Londres qui veulent venir en France, ce serait tapis rouge. Mais l'industrie, ils s'en foutent", a dénoncé M. Bertrand sur France Inter.
L'ancien ministre du Travail a cité deux dossiers de sa région: les entreprises Tim, fabricant de cabines d'engins de chantier, et l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord).
Le secrétaire d'Etat Benjamin Griveaux, a expliqué M. Bertrand, "est venu dans une entreprise, Tim, dans le département du Nord. Il a dit à l'époque --la région mettait 3,5 millions d'euros pour sauver cette entreprise-- que l'Etat mettait 2 millions d'euros".
"Moi j'ai reçu un courrier au mois d'août (du ministre de l'Économie) M. Le Maire me disant que pour des raisons x ou y, il ne verserait pas les deux millions d'euros. Les 350 salariés, on en fait quoi quand l'Etat ne tient pas parole?", a lancé le président des Hauts-de-France.
Dans le dossier Ascoval, "il y a un cynisme d'Etat qui consiste à laisser cette entreprise mourir", a développé M. Bertrand.
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a justifié les choix de l'Etat dans ces deux dossiers.
Sur TIM, le repreneur n'a pas donné ni "assurances sur l'emploi", ni "plan d'action crédible" qui lui avaient pourtant été demandés: "je n'investis pas de l'argent public à fonds perdu", écrit-il dans sa réponse à M. Bertrand publiée sur les réseaux sociaux.
Concernant Ascoval, "la situation de l'entreprise est difficile. Il faut que nous examinions toutes les possibilités", a-t-il réagi.
"Il n'y a pas de place pour la politique politicienne lorsque l'emploi est en jeu", ajoute le ministre.
M. Bertrand a aussi critiqué Emmanuel Macron.
Sur Emmanuel Macron, "je me suis déjà fait mon jugement. Pourtant, j'ai voté Macron au 2e tour de la présidentielle, après avoir voté François Fillon au premier tour, sans hésitation". Mais "sur de nombreux dossiers, j'ai pu voir qu'ils ne voulaient pas travailler avec nous, et que surtout leurs choix politiques ne sont pas efficaces et pas justes".
"Il y a les salariés modestes, qui ont compris que ce n'était pas un président pour eux, les retraités qui pensent aujourd'hui que c'est même un président contre eux, qui leur fait du mal".
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